Les raisons du renoncement de l’Angola à sa médiation dans le conflit en RDC

La Présidence angolaise a créé la surprise ce lundi 24 mars, en annonçant la fin de sa médiation dans la crise dans l’Est de la RDC, une médiation qu’elle opérait depuis 2022.

Avec la Commission de l’Union Africaine (UA), les «démarches nécessaires seront entreprises dans les prochains jours pour trouver le pays dont le Chef de l’Etat prendra en charge cette médiation du conflit entre la RDC et le Rwanda», a expliqué la Présidence angolaise dans un communiqué. 

Sans l’afficher ouvertement, la première institution angolaise s’est montrée déçue par l’oblitération de sa mission de bons offices dans le dossier congolais par l’activisme de la médiation qatarie. 

Les services du Président angolais, J. Lourenço ont évoqué dans ce sens l’échec des «discussions directes prévues à Luanda le 18 mars 2025, discussions avortées in extremis par un certain nombre de facteurs, y compris des facteurs externes et étrangers au processus africain qui était en train de se dérouler».

La diplomatie angolaise rappelle à qui veut l’entendre qu’elle s’est engagée «avec tout son sérieux, son énergie et ses ressources pour parvenir à une paix définitive dans l’est de la RDC et à normaliser ses relations avec le Rwanda via plusieurs cycles de négociations».

Assurant la Présidence tournante de l’UA depuis la mi-février 2025, l’Angola «estime nécessaire de se libérer de la responsabilité de la médiation du conflit dans l’Est de la RDC pour se consacrer plus largement aux priorités» de l’organisation panafricaine.

Le 18 mars 2025, au terme de leur rencontre inédite à Doha (Qatar), les Présidents Tshisekedi et Kagamé «ont réaffirmé leur engagement à un cessez-le-feu immédiat et inconditionnel», une promesse qui ne voit pas à l’heure actuelle sur le terrain où les progressions du M23 se poursuivent dans la partie orientale de la RDC.