Le gouvernement du Lesotho a annoncé jeudi soir, «l’envoi en urgence d’une délégation gouvernementale aux Etats-Unis», pour plaider une cause nationale, après l’imposition la veille, par le président américain, Donald Trump, à ce petit pays d’Afrique australe «des droits de douane de 50%», les plus élevés annoncés pour une seule nation.
«Nous devons nous rendre d’urgence aux Etats-Unis pour dialoguer avec leurs dirigeants et plaider notre cause», a déclaré le ministre lesothan du Commerce, Mokhethi Shelile, dont le gouvernement craint «la fermeture immédiate d’usines et les pertes d’emplois.
Il a fait état de onze usines dans le pays, dont «la plupart exportent des marchandises aux Etats-Unis et fournissent du travail à 12.000 personnes».
Entièrement enclavé dans l’Afrique du Sud, le Lesotho est en tête de liste des nombreux pays africains frappés par les droits de douane additionnels massifs décidés mercredi 2 avril, Donald Trump dans le cadre d’une guerre commerciale subreptice.
«Les marchandises actuellement en production seront touchées par ces droits de douane et ne seront pas exportées vers les Etats-Unis», a déploré Mokhethi Shelile, indiquant qu’il avait demandé aux usines de «continuer à produire pendant que le gouvernement cherche des solutions» à cette problématique.
L’empressement du Lesotho sur ce dossier s’explique essentiellement par le fait que l’industrie textile est la plus grande pourvoyeuse d’emplois dans ce petit royaume montagneux de quelque 2,3 millions d’habitants accusé par l’Administration Trump «d’être parmi les pires contrevenants avec des droits de douane élevés sur les importations américaines».
«Nous ne pouvons pas compter uniquement sur les Etats-Unis», a aussi fait remarquer le ministre Mokhethi Shelile en envisageant d’autres pistes de parade à la mesure douanière américaine. «Même si cette transition prendra du temps, le processus est déjà en cours», a-t-il assuré.
Le Produit intérieur brut (PIB) du Lesotho qui s’élève à une moyenne de 2 milliards de dollars annuels, dépend fortement de ses exportations de produits textiles, notamment des jeans, d’après les chiffres officiels.