Centrafrique : Le dilemme du retrait des Casques bleus face aux violences frontalières

Alors que le Conseil de sécurité de l’ONU doit trancher avant la mi-novembre 2026 sur l’avenir la Mission de paix onusienne en Centrafrique (MINUSCA), un retrait prématuré des Casques bleus fait craindre une propagation des violences, en raison de la guerre au Soudan qui déborde sur le territoire centrafricain.

Malgré les avancées politiques et le désarmement de près de 2.000 combattants issus de groupes armés actifs à l’intérieur de la République centrafricaine, Bangui reste confrontée à une propagation des violences dans l’Est du pays frontalier avec le Soudan, souligne un communiqué publié mardi par le service d’information de l’ONU.

Sur le terrain, les progrès de la paix se heurtent à la persistance des violences aux frontière et celles qui se multiplient dans l’Est du pays, sous l’effet notamment de la guerre au Soudan ; une situation qui complique les projets de désengagement progressif de la MINUSCA de la Centrafrique, explique le texte.

« Si le pays a continué d’enregistrer des avancées politiques et sécuritaires, la situation dans le Nord-est et le Sud-est demeure particulièrement préoccupante, notamment autour des sites miniers et le long des couloirs de transhumance de cette nation enclavée d’Afrique centrale », a déclaré Valentine Rugwabiza, cheffe de la MINUSCA, devant le Conseil de sécurité, ajoutant que l’attaque récente contre la localité d’Am Dafock, située à la frontière soudanaise, en est la parfaite illustration.

Les rebelles centrafricains, épaulés par des éléments soudanais non identifiés, ont pris le contrôle de cette ville, le 30 juin dernier, faisant 29 morts et poussant quelque 17.500 habitants à trouver refuge près d’une base de la MINUSCA.

Si les forces gouvernementales centrafricaines ont repris Am Dafock le 5 juillet, les mouvements de groupes armés se poursuivent dans la zone frontalière entre la Centrafrique, le Tchad et le Soudan.

Pour Rugwabiza, ces affrontements, et bien d’autres, montrent que les progrès réalisés dans le rétablissement de l’autorité de l’Etat en République centrafricaine restent fragiles et que l’instabilité régionale continue de menacer directement ce pays.

C’est dans ce contexte que le Conseil de sécurité devrait décider du renouvellement du mandat de la MINUSCA, déployée dans le pays depuis 2014. La mission a déjà fermé plusieurs bases dans les régions jugées suffisamment stables et transféré certaines responsabilités aux autorités nationales.

Selon le communiqué, la question du retrait de la MINUSCA divise les quinze membres du Conseil de Sécurité, dont les Etats-Unis qui ont déjà plaidé pour une réduction plus importante des effectifs de cette mission, tandis que d’autres pays mettent en garde contre un désengagement précipité.