Le représentant du Rwanda à la 58e session du Conseil des droits de l’homme (CDH) de l’ONU, qui se tient à Genève du 24 février au 4 avril 2025, a dénoncé, mercredi, le fait que « le droit fondamental à une vie digne reste inexistant dans de nombreuses régions du monde » comme celle des Grands Lacs, alors qu’au niveau mondial, des « progrès » ont été enregistrés au cours des trois dernières décennies.
« Dans la région des Grands Lacs (…), le cancer de l’extrémisme ethnique violent et de l’idéologie du génocide a de nouveau fait surface », a-t-il regretté, expliquant que « les communautés continuent d’être ciblées en raison de leur identité, de leur apparence ou même de la langue qu’elles parlent », ce qui est, selon lui, « un sombre rappel des horreurs observées lors du génocide de 1994 contre les Tutsis au Rwanda ».
Le chef de la diplomatie rwandaise a pointé du doigt la République démocratique du Congo (RDC) où, dans sa partie orientale, « les discours de haine, les persécutions, les lynchages et même les actes de cannibalisme contre les Tutsis congolais sont devenus monnaie courante ».
« Ces crimes contre l’humanité commandités par le gouvernement sont observés dans toute la RDC », a-t-il fait observer, affirmant que dans la province du Sud-Kivu (Est), « les communautés tutsies connues sous le nom de Banyamulenge sont bombardées à Minembwe par les forces gouvernementales et font l’objet de persécutions sans précédent dans différentes villes».
Le représentant rwandais a aussi dénoncé la politique ethnique irresponsable de Kinshasa et l’utilisation du discours de haine comme arme politique par certaines personnalités, lesquelles auraient créé un terrain fertile pour les violations systématiques des droits de l’homme.
« En vertu de la Déclaration universelle des droits de l’homme, tous les droits sont égaux. Pourtant, un double standard est évident dans le traitement des communautés tutsi au Congo. Comment ce Conseil peut-il rester silencieux face à une telle injustice ? », s’est demandé le diplomate rwandais, invitant le CDH « à prendre des mesures immédiates et décisives pour mettre un terme à ces persécutions. »