L’ONG Human Rights Watch (HRW) s’offusque du manque de « clarté » qui règne toujours sur les causes de la mort de l’opposant tchadien Yaya Dillo tué le 28 février 2024 lors d’un assaut mené par les forces de sécurité tchadiennes contre le siège de son parti à N’Djamena, appelant les partenaires du Tchad à mener une pression pour contraindre les responsables à rendre des comptes.
« Un an plus tard, les autorités n’ont toujours pas éclairci les circonstances de sa mort », regrette Lewis Mudge, Directeur Afrique centrale à HRW dans un communiqué.
Le document rappelle que, peu après l’incident, le procureur de la République, Oumar Mahamat Kedelaye avait déclaré, lors d’une conférence de presse, que Yaya Dillo, président du Parti socialiste sans frontières (PSF), avait été tué lors d’un échange de tirs avec les forces de sécurité lorsqu’elles étaient entrées dans le bâtiment du PSF.
Aussi, après l’assaut, les autorités tchadiennes avaient-elles arrêté de nombreux membres du PSF ainsi que des membres de la famille de Yaya Dillo dont dix avaient été illégalement détenus jusqu’en décembre 2024 après avoir été accusés d’atteinte à la sûreté de l’État, bien qu’ils aient ensuite été acquittés par un tribunal, en juillet.
Pour l’ONG, la mort de Yaya Dillo, survenue seulement quelques mois avant les élections du 6 mai 2024, était suspecte depuis le début ; soulignant que, dans les mois qui ont suivi son meurtre, Reuters a publié un article dans lequel cinq experts médico-légaux ont affirmé que Yaya Dillo avait été tué d’une balle dans la tête à bout portant.
L’organisation estime que l’absence d’enquête sur le meurtre de Yaya Dillo, un an après cet incident, est une « occasion manquée d’enrayer la descente du Tchad vers la violence politique et l’impunité. »
« Il est impératif que le pays fasse face à la réalité de cette dérive pour y mettre fin » et « il est maintenant temps que les partenaires du Tchad et les experts internationaux fassent pression pour que les responsables rendent réellement des comptes », conclut le communiqué.